La Bataille de Lorraine

de septembre 1944 à mars 1945

La libération de Vého

Un espoir de libération …

 

Samedi 16 septembre 1944.

Depuis quelques jours, l’espoir est dans tous les cœurs. Cette libération tant attendue est là…encore un peu de patience.

Sur le “haut de Soutrait” qui domine Vého à l’Ouest, le regard plonge sur la vallée de la Vezouze, vers Lunéville. Pas de doute, des signes certains nous indiquent que c’est pour bientôt…

Sur les coups de midi, un homme en kaki descend la côte. Le premier américain entre à Vého. Derrière lui arrive un long cortège de blindés, de jeeps etc…que tous regardent avec curiosité. Et comme il est midi, c’est à qui offrira à manger aux libérateurs. Toute la journée, ce sera un va-et-vient continuel de ces motorisés américains.

Des F.F.I. de la région les ont accompagnés et sont là pour les renseigner. Des pointes américaines seront même poussées plus loin, jusqu’à Repaix.

 

Dimanche 17 septembre 1944.

Le matin, il pleut, une jeep apparaît avec 5 prisonniers dont un blessé : une balle lui a traversé le dos. Il est soigné à la mairie, devenue infirmerie de campagne.

Le soir, une alerte retentie. On entend la mitrailleuse vers Emberménil. Des obus tombent près du village. Cette nuit-là, les caves deviendront des chambres à coucher.

 

…vite envolé

Lundi 18 septembre 1944.

Quelques blindés sont laissés en surveillance en divers points… stratégique. Mais tout à coup, vers 02h00, départ brusque. Repli. Un ordre sur les ondes, sans doute ? Les habitants sont seuls maintenant, mais pas pour longtemps… Des chars allemands, suivis de l’infanterie, montent le village et traversent la campagne environnante. Un beau rêve vient de s’envoler. Vého est retombé aux mains des allemands.

Une nouvelle occupation commence pour le village. Environ 3 semaines après, il ne restera plus aucun civil, tout le monde sera évacué vers l’Est.

 

 

Le retour des Américains

D’après le récit de Robert Uhl, de  la compagnie K, 114e Régiment d'Infanterie, 44e DI

 

En cette fin d’octobre, début novembre 1944, la compagnie K du 114e Régiment d’Infanterie  avance sous la pluie vers le village de Vého. Les Américains s’approchent donc du village avec des mitrailleuses lourdes, des mortiers, et lancent des tirs d'artillerie.

Les Allemands observent leur avancée depuis le clocher de l’église. Ils arrivent à blesser plusieurs soldats US et à en tuer un (le carabinier de la 1ère section Arthur Eisenhower).

Les Américains demandent donc à l’artillerie de frapper l’église : un tir de105 mm la touche mais le clocher reste intact. Un char Destroyer  vient pour l’abattre avec ses obus de 90 mm à grande vitesse.

Après la destruction de l’église, les soldats US peuvent progresser vers le village. Ils inspectent tous les bâtiments, à la recherche d’un éventuel tireur d’élite. Robert Uhl vérifie qu’aucun Allemand ne se cache dans les ruines de l’église. Les Américains ont donc finis de nettoyer le village et poursuivent leur route vers l’Est.

 

 

 

Les victimes de ces libérations et l’après guerre

 

Ce n’est que dans la 2e quinzaine de novembre que les habitants pourront réintégrer leur domicile, tant bien que mal, au seuil d’un hiver rigoureux. Mais qu’importe, ils sont chez eux, libres. Libres….

 

Trois personnes décèdent suite aux combats de 1944 :

Michel Aimée                      14 octobre 1944

Picard Etienne                     14 octobre 1944

Rouillon Juliette                   13 octobre 1944

Deux autres ne sont que blessées :

 Rouillon Jules blessé à la main

Picard Roger blessé en mai où juin 1945 sur une mine près de la maison de l’abbé Grégoire dans le virage

 

Un gros travail de reconstruction attend les habitants. Cependant on doit aussi déminer la région infestée de mines allemandes et américaines.